Les Pardaillan
- litteratty

- 26 juin
- 5 min de lecture

Auteur: Michel Zévaco;
Pages: 533 + 565;
Série: Les Pardaillans, livre no. 1;
Les Pardaillans est une série de 10 romans de cape et d'épée situé en France du XVIème siècle, au temps de la rédoutable Catherine de Medicis et d'Henri de Béarn, le futur Henri IV de France.
Roman chevaleresque d'une grande popularité, il suit les aventures du chevalier de Pardaillan-père, de Pardaillan-fils, de Loïse de Montmorency et de la princesse Fausta.
L'origine de l'intrigue est une classique histoire d'amour entre la fille du seigneur de Piennes, petit noble de campagne, et François, le fils aîné du connétable de Montmorency, dont de Piennes en était le vasal. S'ensuit un mariage secret à minuit, dans une église de village, et la découverte de la romance par Henri, le frère cadet de François, qui à son tour aimait Jeanne de Piennes et qui devint fou de jalousie. Il ourdit ses plans de telle façon qu'il fit envoyer son frère sur le champ de bataille d'où il n'était pas censé de rentrer vivant. Il provoqua la mort du seigneur de Piennes en lui faisant croire que sa fille s'était faite déshonorer par François et expulsa Jeanne de la maison paternelle, parce qu'elle s'obstinait à rester fidéle à son mari absent et ne pas céder à ses avances.
Entre temps, François, qui avait survecu le massacre de Thérouanne mais avait été jeté en prison par les ennemis, parvient à rentrer à la maison, brûlé par le désir de retrouver son épouse. Mais Henri apprend la nouvelle de son imminente arrivée et redoute la colère de son frère, auquel il avait juré de protéger et défendre Jeanne. Alors, pour se proteger contre sa vengence, Henri fit enlever la petite Loïse, la fille née pendant l'absence de François et dont il n'en connaissait pas l'existence, et menaça Jeanne de faire tuer la petite par son cruel sérviteur si elle ne s'accuserait d'infidélité devant son mari. Le coeur brisé, déchirée entre l'époux et l'enfant, elle céda au chantage pour sauver la petite, se retrova abandonnée par François, sa fille toujours enlevée et en plus son mariage annulé par le connétable. Le vilain qui avait enlevé Loïse était le chevalier de Pardaillan.
Pardaillan-père est un vieux chevalier, trempé dans les grandes guerres de la France féodale, rusé, prêt à tout pour survivre et pour protéger son fils, mais en même temps nourrisant des valeurs d'honneur et de fierté qui en fin de compte prennent le dessus pour décider le cours de beaucoup d'actions qu'il a à entreprendre. Sa nature noble le décide rendre la fille à Jeanne, qu'il rencontra folle de douleur sur le chemin de Paris. Elle le bénît de tout son coeur et alors, pour racheter les horreurs qu'il avait causé, il lui confie le nom de Pardaillan, non pas comme celui de l'homme qui lui avait ramené son bébé, mais comme le méprisable criminel qui la lui avait enlevé. Jeanne maudit son nom et jura de le haïr jusqu'à la fin de ses jours.
Ça c'etait l'introduction, le cadre des futures aventures qui vont se dérouler au long de la série.
L'histoire proprement-dite commence 16 ans plus tard, le jour où Pardaillan-père aperçoit Henri de Montmorency, maintenant comte de Damville, dans les rues de Paris et décide de s'ésquiver et reprendre sa vie errante, laissant son fils derrière. A son départ, le vieux chevalier, qui avait élevé Jean dans le même esprit des valeurs chevalersques et en avait fait un gallant homme et un rédoutable escrimeur, lui passe comme testament les trois lois qui devraient guider sa vie future:
– Premièrement, dit le vieux routier, méfiez-vous des hommes. Il n’en est pas un qui vaille beaucoup plus que la vieille corde qui devrait le pendre. Si vous voyez quelqu’un se noyer, tirez-lui votre chapeau et passez. Si vous apercevez des truands qui attaquent un bourgeois à un coin de rue, tirez sur l’autre coin. Si quelqu’un se dit votre ami, demandez-vous aussitôt quel mal il vous souhaite. Si un homme déclare qu’il vous veut du bien, mettez une cotte de mailles. Si on vous appelle à l’aide, bouchez-vous les deux oreilles… Me promettez-vous de ne pas oublier ces paroles ? – Je vous le promets, monsieur… Ensuite ? – Deuxièmement, méfiez-vous des femmes. La plus douce cache une furie. Leurs cheveux fins sont des serpents qui enlacent et étouffent. Leurs yeux poignardent. Leur sourire empoisonne. Vous m’entendez bien, mon fils ? Ayez des femmes tant qu’il vous plaira. Bâti comme vous l’êtes, vous n’en manquerez pas. Mais ne vous donnez à aucune, si vous ne voulez flétrir votre vie, si vous ne voulez périr accablé par les mensonges et les trahisons. Méfiez-vous des femmes, chevalier ! – Je vous le promets, monsieur. Ensuite ?… – Troisièmement, méfiez-vous de vous-même. Ah ! surtout de vous-même ! Écartez violemment dès le début de votre vie, les mauvais conseils de miséricorde, d’amour et de pitié, tous les pièges que votre cœur ne manquera pas de vous tendre. C’est l’affaire de quelques années. Très facilement, avec un peu de bonne volonté, vous deviendrez comme les autres hommes : dur, impitoyable, égoïste, et alors vous serez solidement armé. M’avez-vous bien entendu ? – Oui, mon père, et je vous promets de m’exercer de mon mieux.
Il lui laisse aussi, en héritage, la rapière Giboulée:
Et avec le ton d’un roi armant un chevalier, il prononça la formule, mais en la modifiant ainsi : – Soyez fort contre vous-même, fort contre les femmes, fort contre les hommes ! Giboulée vous aidera. C’est un ami qui ne trahira pas, une maîtresse à jamais fidèle… Adieu, mon fils, adieu…
A Giboulée vient s'ajouter le chien Pipeau - qu'il avait sauvé de la noyade - et le cheval Galaor, qu'il reçoit en guise de remerciement pour avoir sauvé un noble seigneur dans une attaque nocturne. Pour son malheur, ce seigneur était Henri, comte de Damville.
Bien entendu, touts les aventures et mésaventures du jeune Pardaillan en découlent de la transgression des conseils paternels et évoluent en compagnie de Giboulée, de Pipeau et Galaor. Entre l'amour romantique et élusive pour sa mistérieuse voisine apeçue à la fenêtre, les drolles querelles avec son aubergiste et les flirtations avec la jolie Huguette, Pardaillan se retrouve melé dans les intrigues de la cour de Catherine de Medicis, celle de Jeanne d'Albret, les conspirations des Huguenots et celles de la partie cherchant à detronner Louis X.
Un excellent roman, une lecture entraînante, tantôt humoristique, tantôt attendrissante, parsemée de faits d'armes, d'intrigues, d'actes de courage et de sacrifices au nom du bien, de l'honneur et de la loyauté.



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