Hamnet
- litteratty

- 24 avr.
- 4 min de lecture

Auteur: Maggie O'Farrell;
Pages: 372;
"What is given may be taken away, at any time."
C'est l'histoire poignante d'une famille éprouvée par la peste de 1596, à Stratford: la famille de William Shakespeare (même si son nom n'est jamais mentionné dans le livre) qui perd son unique fils, Hamnet, à l'âge de 11 ans. Les survivants de cette terrible tragédie - l'écrivain, sa femme, leur fille aînée et la cadette qui était la sœur jumelle de Hamnet - éprouvent chacun à sa manière la disparition du garçon et nous, les lecteurs, sommes déchirés par chaque récit de leur grief.
Le fil narratif bascule entre les débuts lumineux de la famille et le présent où le fléau emporte Hamnet.
La mère d'Agnès, une femme mystérieuse et douée des connaissances extraordinaires de guérisseuse, presqu'une sorcière, presqu'une fée des forêts, transmet à sa fille l'amour de la nature et de la vie, l'esprit indépendant des êtres sauvages et les secrets des remèdes issus de plantes - et Agnès (dont l'histoire vraie nous dit qu'elle s'appelait Anne Hathaway) grandit et devient ce qu'on appellerait aujourd'hui une hippie.
Son futur mari, le fils malmené et méprisé par un père violent, gagne sa vie en tant que professeur de Latin pour les deux fils de la famille de cette étrange Agnès - et finit par l'épouser.
Leur première fille, Agnès se cache dans la forêt pour accoucher d'elle, à la consternation et scandale de toute la famille. Les jumeaux viennent au monde dans la maison des beaux-parents, car la belle-mère avait alerté toute la famille pour la guetter et l'empêcher de répéter cet exploit. D'abord Hamnet voit le jour et plus tard, sans que personne s'y soit douté, une fille naît aussi, étranglée au cordon ombilical et estimée morte par tout le monde à part sa mère qui la ranime in extremis. La petite, Judith, est très frêle et personne ne lui donne longtemps à vivre. Mais le dévouement de sa mère et l'amour de son frère jumeau lui servent d'appui et de protection et elle survit miraculeusement.
Ce contexte est important pour comprendre les rapports entre les enfants et leur parents, entre Hamnet et sa sœur jumelle Judith, entre les deux et leur sœur aînée, Suzanna.
Il est intéressant et captivant de suivre le voyage du bacille de la peste depuis un singe d'Alexandrie jusqu'au dentelles d'une passementière de Stratford, cette narration m'a rappelé "The Great Mortality" by John Kelly, qui décrivait l'épidemie de plague du XIVème siècle.
Ensuite Judith est atteinte et Hamnet sacrifie sa vie en échange pour celle de sa sœur. Et toute la famille est dévastée.
Then the idea strikes him. He doesn’t know why he hadn’t thought of it . It occurs to Hamnet, as he crouches there, next to her, that it might be possible to hoodwink Death, to pull off the trick he and Judith have been playing on people since they were young: to exchange places and clothes, leading people to believe that each was the other. Their faces are the same. People remark on this all the time, at least once a day. All it takes is for Hamnet to put on Judith’s shawl or for her to don his hat; they will sit at the table like that, eyes lowered, smiles concealed, and their mother will place a hand on Judith’s shoulder and say, Hamnet, can you bring in the wood? Or their father might come into a room and see what he thinks is his son, dressed in a jerkin, and ask him to conjugate a verb in Latin, only to discover it is his daughter, hiding her laughter, reveling in the illusion, and she will push aside the door to reveal the real son, hidden away. Could he pull off their trick, their joke, just once more? He thinks he can. He thinks he will. He glances over his shoulder at the tunnel of dark beside the door. The blackness is depthless, soft, absolute. Turn away, he says to Death. Close your eyes. Just for a moment.
L'épisode de la mère atterrée de douleur, qui prépare son fils pour l'enterrement est la scène la plus déchirante que j'ai jamais lu, jamais une mère ne devrait vivre une tragédie pareille...
Puis elle se retrouve une coquille vide.
From habit, while she sits there near the fireplace, some part of her mind is tabulating them and their whereabouts: Judith, upstairs. Susanna, next door. And Hamnet? Her unconscious mind casts, again and again, puzzled by the lack of bite, by the answer she keeps giving it: he is dead, he is gone. And Hamnet? The mind will ask again. At school, at play, out at the river? And Hamnet? And Hamnet? Where is he?
Judith, la petite sœur pour laquelle il à troquée sa vie, est à son tour perdue dans ce monde.
What is the word, Judith asks her mother, for someone who was a twin but is no longer a twin? Her mother, dipping a folded, doubled wick into heated tallow, pauses but doesn’t turn around. If you were a wife, Judith continues, and your husband dies, then you are a widow. And if its parents die, a child becomes an orphan. But what is the word for what I am?
Susanna, la sœur aînée, n'a d'autre choix que de prendre les reins de la famille et les aider et contraindre de mener un semblant de vie normale.
Le père, lui, exorcise sa douleur en création - et c'est ainsi que la plus célèbre tragédie de la littérature voit le jour: Hamlet.
“I find,” he says, his voice still muffled, “that I am constantly wondering where he is. Where he has gone. It is like a wheel ceaselessly turning at the back of my mind. Whatever I am doing, wherever I am, I am thinking: Where is he, where is he? He can’t have just vanished. He must be somewhere. All I have to do is find him. I look for him everywhere, in every street, in every crowd, in every audience. That’s what I am doing, when I look out at them all: I try to find him, or a version of him.”



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