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Nulle part dans la maison de mon père



Auteur: Assia Djebar;

Pages: 474;


Je commence ce challenge avec un livre de Assia Djebar écrivaine Algérienne connue, mais dont je ne connaissais que le nom.


Nulle part dans la maison de mon père est une autobiographie de l'écrivaine, de son enfance et de son adolescence passées en Algérie pendant la période de la colonie française (les années '50).


Fille d'un instituteur, Assia Djebar n'a pas été privée de l'enseignement dans des écoles françaises comme d autres filles. Cela n'a pas été sans impact sur elle. Entre modernisme du camps européen et conservation du camps algérien, y compris son père, l'auteur se sentait sans appartenance à aucun des deux mondes.


A travers des scènes quotidiennes de l'époque, les Algériens, notamment les femmes, étaient privées de liberté soit par les Français (comme elle n'avait pas la possibilité d'étudier l'arabe à l'école française alors que c'est la langue maternelle), soit par le père, qui voulait inculquer la religion à sa fille ( L'Islam).


Du coup, l'auteur ne se sentait plus appartenir à son père, puisque elle a eu une instruction européenne, ni aux Européens, parce que son père ne lui permettait pas tout - par exemple jouer dans les compétitions de basket-ball qu'elle aimait beaucoup, parce qu' elle n avait pas le droit de porter un short devant le public.


Le refuge de Assia Djebar était dans les livres qu'elle lisait tellement, ce qui lui a permis de découvrir le monde.


Le livre met en exergue:

  • la place des femmes dans la société algérienne traditionnelle,

  • le rapport entre père et fille,

  • la quête d’identité,

  • le poids des traditions et des interdits sociaux,

  • l’accès à l’éducation et à la liberté.


L’école et la langue française ouvrent des portes à la narratrice, mais créent aussi un sentiment d’exil et de distance avec ses racines.


Quant à la signification du titre, « Nulle part dans la maison de mon père » symbolise le sentiment de ne pas trouver sa place, ni dans le monde traditionnel ni dans le monde moderne.

Citation
Citation

Ce passage m'a tellement marquée, que je l'ai raconté plusieurs fois ...

A quel point un enfant se constitue sur son vécu!


A 5 ans son père n'a pas aimé la voir apprendre du vélo avec un garçon Français alors qu'elle pensait qu'il allait être fier d'elle. Il a dit à sa maman "je ne veux pas qu'on regarde les jambes de ma fille" ... Depuis Assia Djebar dit n'avoir plus jamais essayé de monter sur un vélo, mais ça l'a traumatisée.


J'ai retrouvé dans ce livre beaucoup de passages racontés par ma mère ou de la famille. Notamment par rapport à l'interdiction aux Algériens d'apprendre l'arabe, d'où la plupart des parents empêchaient leur enfants d'aller à l'école. A quel point cette interdiction a impacté tout un peuple... à ce jour même!


Le choix de ce livre était pour découvrir des auteurs algériens de renommée mais dont je ne connaissait que le nom.


Assia Djebar a eu plusieurs prix et à écrit sur:

  • la femme

  • la liberté

  • l’identité

  • la mémoire

  • l’histoire de l’Algérie

  • la langue et la transmission


Je n'hésiterai pas de lire encore cet auteur..

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