East of Eden

Auteur: John Steinbeck;
Pages: 601;
"[...] the word timshel - 'Thou mayest' - that gives a choice. It might be the most important word in the world. That says the way is open. That throws it right back on a man. For if 'Thou mayest' - it is also true that 'Thou mayest not.'"
"It is easy, out of lazyness, out of weakness, to throw oneself into the lap of deity, saying, 'I couldn't help it; the way was set.' But think of the glory of the choice! That makes a man a man. A cat has no choice, a bee must make honey. There's no godliness there. And do you know, those old gentlemen who were sliding gently down to death are too interested to die now?"
"[...] the human soul. It is a lovely and unique thing in the universe. It is always attacked and never destroyed - because 'Thou mayest.'"
J'étais au lycée quand j'ai lu East of Eden pour la première fois, et la première pensée qui s'était formée dans mon esprit, une fois dans le chaud de la narration, a été: "tiens, c'est comme une réitération de la légende de Cain et Abel!" Même les initiales des héros contribuaient à cette interprétation: Charles et Adam/ Caleb et Aaron, pour ne pas mentionner leurs caractères et leurs actions. Plus tard, en lisant des analyses des critiques littéraires de ce roman, j'ai eu la surprise de voir mon hypothèse confirmée par des professionnels.
Par contre, trouver la correspondante de Cathy m'a demandé un certain effort d'imagination et j'ai fini par me fixer sur Circe, la tentatrice de l'Odysée, qui ensorcelait les hommes qui succombaient à ses charmes et les transformait en cochons. C'est précisément ce que fait Cathy dans East of Eden, pourtant je n'ai eu aucune confirmation de mon interpretation.
Le fil de la narration suit deux familles, les Trasks et les Hamiltons, et peut être retrouvé sur maintes sites ou bien dans la toute récente, excellente, série Netflix homonyme. Ce que je voudrais mettre en avant ici, comme la chose que j'estime la plus importante et le message central du roman, est cette idee: que l'homme est une chose unique dans l'Univers, que son âme et son sort lui appartiennent et que c'est lui-même qui les construit, les développe et les façonne - au fait: que l'homme est son propre maître et que son destin est le fruit de ses ambitions, de ses aspirations et des choix qu'il fait de sa propre volonté.
Le chapitre ou le Chinois Lee raconte l'exploit de ces sages nonagénaires qui, intrigués par l'histoire de Cain et Abel, entreprennent d'apprendre l'Hébreu pour traduire eux-mêmes le passage qui avait éveillé leur intérêt, est non seulement fascinant mais aussi fait exulter le lecteur, par l'orgueil et la fierté d'appartenir à cette race - l'Humanité - dont l'esprit est toujours vif, curieux et invincible.
East of Eden est une de ces lectures fondamentales, un titre qui devrait figurer sur ces listes de "100 livres à lire absolument".

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